C.R. Soirée débat avec Mme Bourgeois de Ryck, magistrate, ancien juge pour enfants, sur le thème "Des incivilités à la violence, les réponses d’un magistrat"

, par  Didier Guigon

Le but de cette soirée (organisée le 22 Mars 2007 par le conseil des parents d’élèves du collège Alain Fournier )
était d’aborder avec une professionnelle des questions concernant les comportement marginaux des enfants, en faisant un parallèle entre le quotidien au collège et les réponses apportées dès lors que l’institution judiciaire rentre en jeu.
Mme Bourgeois de Ryck a présenté son métier, sa mission de juge des
enfants.
De cette introduction, nous avons retenu notamment la nécessaire protection de l’enfant.

Dès sa naissance, l’enfant est pénalement responsable (mais ses parents sont civilement responsables jusqu’à la majorité).
Face au juge, on reste un sujet (et non un objet, comme une administration peut donner l’impression).

Quelques thèmes de discussion :
* Plusieurs questions concernaient la responsabilité de l’enfant :
comment expliquer à un enfant qu’il est responsable de son
comportement, que la logique "pas vu pas pris" n’est pas tenable...

La justice n’a pas de réponse toute prête.
Déjà tout adulte a tendance à fonctionner sur le mode "pas vu, pas pris",
et en plus un enfant ne comprend pas nécessairement la notion de responsabilité. Le travail du juge est d’amonceler les indices, les preuves (dans le doute, la justice ne condamne pas). Et puis d’inciter au travail sur soi de l’auteur du délit. On insiste sur l’importance du travail de réparation vis à vis de soi-même (pour éviter la récidive par exemple).

* La légitime défense :
Elle est souvent très mal mise en pratique. Répondre à un coup par un coup plus fort n’est pas de la légitime défense, mais de l’escalade de violence. La légitime défense suppose une réponse légitime très proportionnée à l’attaque.

* Lorsque les limites sont dépassées :
La justice définit des limites très basses par rapport à ce qui dit ou se
vit au collège : une gifle est un acte de violence ; dire "t’es mort" est
(en théorie) une menace de mort. En pratique, à l’adulte d’estimer la
gravité des actes, de bien apprécier la situation dans toute sa
complexité.

* Incivilités et violence au quotidien :
Dans son métier, le juge rencontre beaucoup d’enfants « en roue libre », qui ne
respectent plus rien et sont dans la toute puissance. Elle insiste sur
le rôle de la famille et de l’école pour prévenir ces situations.

* L’enfant victime de harcèlement :
Comme le harcèlement commence loin de l’adulte, la difficulté pour les
parents ou les responsables de la vie scolaire au collège (Conseiller Principal d’Education, assistant d’éducation) est de pouvoir identifier le plus rapidement possible les comportements qui signe le harcèlement (silence, craintes...). La
vigilance est donc nécessaire, mais il faut insister sur le comportement de l’adulte : il doit apparaître protecteur.

Les échanges des divers points de vue ont nourri la réflexion de tous
les présents (dont le principal, la CPE et l’infirmière).
Plusieurs parallèles ont pu être menés entre le message et des
situations rencontrées dans les étapes qui mènent à un conseil de
discipline.